FRANCE - ALZHEIMER
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LA SEXUALITE - LA TENDRESSE
GENERALITES
La littérature médicale est étrangement muette sur le
sujet de la sexualité dans la maladie d'Alzheimer.
La première raison à cela, c'est que tout le monde, médecins,
patients, familles, hésitent à parler de la sexualité.
La sexualité est un thème qui garde son tabou, notamment dans
notre société.
Une autre raison, c'est que les médecins ont toujours tendance à
considérer les manifestations comportementales des patients comme des
troubles, des déficits et ne voient pas assez que le patient, pendant
très longtemps, est toujours une personne qui continue à vivre,
à avoir une activité psychique et des relations sociales.
Il faudrait que les médecins cessent de considérer ces manifestations
psychoaffectives, ces manifestations sexuelles, comme des troubles du comportement,
des déficits, et qu'ils n'oublient pas que, ce que les psychiatres connaissent
bien, un symptôme psychopathologique diffère d'un symptôme
médical. Un symptôme médical traduit toujours une souffrance,
un symptôme psychique traduit à la fois une souffrance et un essai
d'adaptation à la réalité.
Il faut parler des choses. Il existe dans les Associations Alzheimer des Etats-Unis
des groupes de soutien pour ce type de problèmes. Ces espaces de parole
sont aussi importants pour les patients que pour les familles.
LES PROBLEMES VONT RETENTIR SOIT SUR LE PARTENAIRE HABITUEL, SOIT SUR UN PARTENAIRE
NOUVEAU, SOIT SUR LES DEUX A LA FOIS
Dans le cas de troubles avec le partenaire habituel, c’est à dire
le conjoint essentiellement, il y a deux type de difficultés :
la perte d’intérêt du patient pour les relations sexuelles,
qui peut poser un problème au conjoint sain, en particulier dans les
formes à début précoce.
la demande augmentée du patient que l’on observe dans certains
cas peut poser des problèmes au conjoint, soit parce qu’il n’a
jamais eu beaucoup d’intérêt pour les activités sexuelles,
soit parce que lui, le "soignant naturel, voit le rapport à son
conjoint totalement modifié ; en effet souvent, on doit s’en occuper
complètement et ce n’est plus un partenaire sexuel.
La maladie transforme les rapports et transforme aussi l'image du conjoint.
Les problèmes qui concernent un partenaire nouveau se rencontrent surtout
en institution, ce qui pose des questions d'éthiques à l'établissement
et aux familles.
Les difficultés qui peuvent se rencontrer quelque soit le partenaire
sont essentiellement des troubles de déshinibition, qu'il s'agisse de
paroles ou d'actes déplacés, manifestations qui restent très
rares.
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Dans les études qui ont été faites en France sur ce sujet,
on a noté que les troubles sexuels sont liés aux troubles comportementaux
du patient : la réduction d'activité et surtout la perte du plaisir.
Par ailleurs, ces troubles sont loin d’être rares tout en étant
modérés ; le trouble le plus fréquent est l'indifférence.
Ces troubles sexuels sont totalement indépendants de l’âge.
Il faut absolument écarter l'idée que, quand on vieillit, il n'y
a plus d’intérêt pour les activités sexuelles.
Le retentissement de ces troubles sur le couple varie bien entendu selon le
degré d'entente antérieure. Mais, élément très
important : la tendresse physique reste souvent encore très présente.
Quand il y a une tendresse affective qui se manifeste physiquement, c’est
un facteur d’équilibre très important pour le couple, même
s'il n'y a plus de véritable activité sexuelle.
Professeur DEROUESNE
Conférence France Alzheimer
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TEMOIGNAGES
"Nous échangeons encore des baisers. Tout le reste a disparu, le
charnel n’existe plus. Il nous arrive de nous tenir la main quand nous
sommes assis devant la télévision. Cela me donne le sentiment
que ma compagne est proche de moi Souvent, quand elle ne peut pas s'endormir,
je lui donne la main dans son lit. Elle la caresse doucement, je sens alors
que nos sentiments sont encore très vivants".
Six mois plus tard, la destruction du cerveau a fait des progrès et
pourtant:
"Soudain, elle se met à sourire, elle me prend la main et cherche
à la serrer. Pour me montrer qu'elle a besoin de moi
Kurt Emil Merki - Journaliste suisse
"L'amour que je portais à ce malade désemparé n'étant
pas un sentiment porteur d'espoir et de stimulation, il ne pouvait me décevoir.
Moi qui avais toujours beaucoup admiré mon mari j'assistais à
la dégradation de son entendement mais je constatais heureusement que
sa capacité d'exprimer ses sentiments, loin de diminuer, ne cessait d'augmenter.
Je devais donc apprendre à exploiter ces émotions.
Elisabeth Trachsel - Berne